Ce livre est la traduction d’un ancien traité hindou sur l’art du théâtre et de la danse (l’un et l’autre sont désignés, en sanscrit, par le même mot nâtya) ; il s’agit ici, bien entendu, d’un art strictement traditionnel, dont l’origine est rapportée à Brahmâ lui-même et au début du Trêta-Yuga. Tout y a une signification précise, et, par conséquent, rien ne saurait être abandonné à la fantaisie individuelle ; les gestes (surtout les mudrâs ou signes formés par la position des mains) constituent un véritable langage hiératique, qu’on retrouve d’ailleurs dans toute l’iconographie hindoue. Aussi ce traité doit-il, dans l’intention de ses traducteurs, être considéré avant tout comme « une illustration des principes généraux d’un art de la communication par gestes, et de tout art traditionnel et normal » ; d’ailleurs, « la division moderne de la vie en compartiments étanches et indépendants est une véritable aberration, et les arts traditionnels d’un peuple ne sont pas une sorte d’excroissance, mais font partie intégrante de sa vie ». À la fin du volume se trouvent de très belles planches reproduisant des exemples empruntés à la sculpture et à la peinture, ainsi que la figuration d’un certain nombre d’attitudes et de mudrâs, qui facilite grandement l’intelligence du texte.