Ade de Bethune. Work (John Stevens, Newport, Rhode Island). – L’auteur étudie la question de la nature et de la dignité du travail au point de vue chrétien, mais on pourrait dire que ces considérations sont, pour la plupart, facilement applicables au point de vue traditionnel en général ; ainsi, l’idée de la valeur propre du travail bien fait, parce que conforme aux aptitudes de celui qui le fait, et cela indépendamment de l’importance qu’il peut avoir en lui-même, pourrait être rattachée directement à la notion hindoue du swadharma. Le travail est « la grande vocation de l’homme », et il contribue à faire de celui-ci l’image de Dieu, considéré comme l’« Artisan » par excellence ; il est à peine besoin de faire remarquer que c’est là, au fond, le principe même des initiations basées sur l’exercice des métiers, à quelque forme traditionnelle qu’elles se rattachent d’ailleurs. Signalons à ce propos, comme particulièrement intéressante, l’idée que le rapport de l’homme aux matériaux qu’il utilise correspond analogiquement au rapport de Dieu à l’homme lui-même (et il est assez remarquable que les schémas de ces deux rapports aient été tracés suivant la loi du « sens inverse », bien que le texte même n’y fasse pas allusion) ; quelque chose de semblable se retrouve aussi toujours, plus ou moins explicitement, dans la transposition initiatique que nous venons de rappeler. Si certains, qui prétendent trop volontiers s’appuyer sur la doctrine chrétienne pour nier tout ce qui dépasse le simple exotérisme, voulaient bien méditer un peu sur de telles similitudes, cela pourrait peut-être contribuer à modifier sérieusement leurs idées préconçues, et à leur faire comprendre que les oppositions ou les incompatibilités qu’ils affirment si audacieusement n’ont aucune existence réelle et sont tout simplement un effet de leur propre ignorance ; mais malheureusement, suivant l’expression proverbiale, « il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »...