ans le Journal of the Royal Society of Arts de Londres (n° du 17 juin 1938), une conférence de M. Éric Gill, intitulée Work and Culture, expose des idées qui sont en parfait accord avec la conception traditionnelle des arts et des métiers : il y soutient la thèse qu’une « culture » vraiment humaine est le produit du travail nécessaire et non du « loisir », et il proteste contre la conception moderne des « beaux-arts » comme des arts « inutiles » ; il distingue entre les sociétés « primitives », qui sont « naturellement cultivées » parce que tout s’y fait conformément aux besoins normaux de l’homme, et les sociétés « barbares », qui présentent le caractère contraire, et parmi lesquelles il range pour cette raison la société actuelle ; il dénonce l’industrialisme et le machinisme comme proprement « inhumains », à la fois sous le rapport des conditions de travail qu’ils imposent et sous celui de la qualité des objets qu’ils produisent. Quant aux remèdes qui pourraient y être apportés, il paraît les voir surtout, au fond, dans le retour à une conception « religieuse » de l’existence tout entière, qu’il envisage d’ailleurs à un point de vue spécialement chrétien, mais qui, bien entendu, trouverait son équivalent, et de façon non moins valable, dans toutes les formes traditionnelles sans exception.