Nous avons reçu le premier n° d’une revue intitulée L’Atelier de la Rose, publiée à Lyon par un groupe d’« artistes-artisans », ainsi qu’ils se désignent eux-mêmes, et placée par eux sous les auspices du peintre Albert Gleizes. Comme on peut s’en rendre compte par là, il s’agit d’un effort de restauration de l’art traditionnel, et ses collaborateurs insistent avant tout, avec beaucoup de raison, sur le « métier » qui doit en constituer la base indispensable, ce qui est parfaitement conforme à ce qu’A. K. Coomaraswamy appelait la « vue normale de l’art ». Dans le domaine de la peinture, qui est celui qui tient ici la place principale, la plus grande importance est donnée à la peinture murale, qui doit s’harmoniser avec l’architecture et faire en quelque sorte corps avec elle ; nous signalerons particulièrement, à cet égard, des Notes sur la fresque de M. R.-M. Burlet. Un autre point essentiel est le rôle du rythme dans l’art traditionnel : un des articles qui s’y rapportent établit une curieuse comparaison entre la peinture et le chant grégorien. Enfin, au point de vue du symbolisme, nous noterons un très intéressant article de M. Robert Pouyaud, intitulé Astrologie et Harmonie colorée ; il s’agit du symbolisme des couleurs, envisagées plus spécialement dans leurs correspondances planétaires et zodiacales. Dans un autre article, sur L’Église romane et la Cathédrale ogivale, le même auteur reprend certaines idées qu’il avait déjà exposées ailleurs : il voit dans la première un type d’architecture traditionnelle par excellence, tandis que, dans la seconde, il découvre des éléments qui « annoncent une rupture d’unité » et qui font déjà prévoir l’approche des temps modernes, « avec leur cortège de conséquences désastreuses pour l’être humain ».