Le Christian Social Art Quarterly (n° d’automne 1938), publie une conférence de M. Graham Carey sur l’attitude catholique vis-à-vis de l’art, qui contient beaucoup de vues intéressantes ; sans pouvoir les résumer toutes, notons-en quelques-unes : l’art doit être une « coopération avec la nature », en ce sens qu’il doit employer les matériaux fournis par celle-ci, d’une façon conforme à leur nature propre, pour en faire le support d’idées ou d’images produites par le mental humain, d’où une attitude qui est de « soumission » et de « domination » tout à la fois ; l’« adoration » de la nature et de l’art, constituant respectivement le « panthéisme » et l’« esthétisme » sont des attitudes non seulement irréligieuses, mais antireligieuses au fond ; on doit regarder l’art comme un « sacrifice », car l’artiste doit constamment sacrifier à son œuvre ses propres intérêts immédiats, et la nature comme un « sacramental », en ce sens que toutes les choses visibles sont des signes ou des symboles des vérités supérieures. Nous ne reviendrons pas sur la théorie des « quatre causes » et son application à l’art, ayant déjà vu ailleurs les idées de l’auteur à ce sujet ; mais nous mentionnerons encore une remarque qui n’est qu’indiquée en passant et qui mériterait d être développée : avant la Renaissance, la philosophie prenait pour point de départ l’« étonnement » (l’admiratio au sens latin de ce mot) ; depuis la Renaissance, elle prend pour point de départ le « doute » ; et l’auteur pense que ce changement pourrait expliquer une grande partie de la différence existant entre les conceptions philosophiques des deux époques.