Maternité, Albert Gleizes, 1934
Albert Gleizes. La Signification humaine du Cubisme. (Éditions Moly-Sabata, Sablons, Isère). – Cette brochure est la reproduction d’une conférence dans laquelle l’auteur s’est attaché à montrer que le cubisme, connu surtout comme une manifestation esthétique, a en réalité exercé une influence dans un domaine plus étendu et plus vraiment « humain », d’abord parce qu’il fut « un travail de peintre véridique, de manuel », et ensuite parce qu’il amena le peintre, pour résoudre certaines difficultés, à réfléchir « non sur les images de l’extérieur, mais sur lui-même, sur ses tendances naturelles, sur ce qu’il voulait faire, sur ses facultés agissantes ». Ce fut donc, pour certains tout au moins, un point de départ de recherches qui devaient les mener plus loin, en « réintroduisant, par la multiplicité des points de vue (substituée à l’unité perspective), le temps dans un mode d’expression humain, dans un art qui, prétendait-on, ne le comportait pas », et en faisant comprendre que « la figure géométrique était un moyen et non une fin ». Nous n’insisterons pas sur les considérations plus proprement « techniques », ni sur la théorie de l’« arc en ciel » que l’auteur a déjà exposée ailleurs ; mais nous signalerons, comme plus particulièrement intéressante, l’idée que « le cubisme a obligé à modifier la notion unilatérale sensible qui nous arrive de la Renaissance », et par là-même à se rapprocher des conceptions artistiques du moyen âge, ce qui peut faire « renaître une expression religieuse ».
