Sous le titre Mediaeval Æsthetic a paru, dans The Art Bulletin publié par la College Art Association of America (vol. XVII, 1935), la première partie d’une étude de M. Ananda K. Coomaraswamy, consacrée aux enseignements qu’on trouve, sur le sujet du beau et de l’art, dans Denys l’Aréopagite (Traité De Divinis Nominibus) et son commentateur Ulrich Engelberti de Strasbourg (la seconde partie doit contenir les commentaires d’Albert le Grand et de saint Thomas d’Aquin). La traduction des textes est accompagnée d’abondantes notes, où sont exposées des idées qui répondent à peu près entièrement à ce que nous pensons nous-même ; l’auteur fait ressortir la similitude des théories esthétiques de l’Occident médiéval avec celles de l’Inde, et montre combien elles sont éloignées du point de vue purement profane où s’enferment les conceptions modernes de l’art.

     The Art Bulletin de Chicago (vol. XX, 1938) publie la suite d’une étude de M. Ananda K. Coomaraswamy, Mediœval Æsthetic, dont nous avons signalé le début en son temps ; cette seconde partie comprend la traduction annotée du commentaire de saint Thomas d’Aquin sur le texte de saint Denys l’Aréopagite (De divinis nominibus, IV, 5), et une note sur le rapport de la Beauté à la Vérité. Mentionnons particulièrement ce qui est dit de la supériorité de la contemplation sur l’action, « ce qui est le point de vue orthodoxe constamment affirmé dans la tradition universelle, et non pas seulement en Orient comme on le prétend quelquefois, bien qu’il puisse avoir été obscurci par les tendances « moralistes de la philosophie religieuse de l’Europe moderne » ; de la nécessité de comprendre intellectuellement une œuvre d’art et non pas de la « sentir » seulement, contrairement aux actuelles conceptions « esthétiques » ; enfin de l’absence d’importance de l’individualité de l’artiste, expliquant l’anonymat caractéristique des œuvres du moyen âge, car « ce qui importe est ce qui est dit et non pas qui le dit » : voila une vérité dont les modernes amateurs de « personnalités » devraient bien faire leur profit !