Dans cette brochure, qui reproduit une conférence faite au Fogg Museum of Art de l’Université Harvard, l’auteur reprend et développe quelques-unes des idées que nous avons déjà trouvées dans Patron and Artist. L’art, suivant la vue normale ou traditionnelle, consiste à « bien faire les choses », et non pas une sorte particulière de choses, comme les modernes le supposent, mais toute chose qui vaut d’être faite. La beauté est une qualité positive des choses (tandis que la laideur n’a qu’une existence négative, celle d’une « privation » au sens aristotélicien), et elle n’est pas « transférable » d’un objet à un autre, ce qui explique qu’elle ne puisse être réalisée par la simple copie ou l’imitation extérieure et superficielle d’un objet : mais les choses peuvent être belles uniquement parce qu’elles sont bien faites et adaptées à leur usage, même si l’artiste n’a eu aucune intention de produire la beauté ou de provoquer le « plaisir esthétique ». Pour connaître la nature interne d’une chose, et par suite le genre de perfection dont elle est susceptible, il faut l’étudier au point de vue de ses causes et des relations de celles-ci entre elles ; l’auteur expose donc ici la théorie des quatre causes finale, matérielle, efficiente et formelle, qui correspondent respectivement aux quatre éléments essentiels de la production de toute œuvre d’art : le but, la matière, les outils, et l’idée ou l’image mentale. La perfection d’un objet dépend de l’harmonie de ces différents éléments ; dès lors que cette harmonie est réalisée, la beauté en résulte nécessairement, et on est en présence d’une véritable œuvre d’art, au sens le plus légitime de ce mot.